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dans une histoire qui entremêle un homme, sa terre
et la famille qui en préserve l’héritage.
Les souvenirs se bousculent et Luciano raconte : "Ma première vigne de Nebbiolo pour
le Barolo n'était pas grande, à peine plus d'un hectare, et sa structure d'implantation
était encore dans un état de fonctionnement raisonnable au point qu'on pouvait en obtenir
immédiatement une bonne production. Pendant les différentes saisons de l'année,
j'effectuais personnellement les opérations culturales, utilisant le peu de temps libre
qu'un travail exigeant comme le mien me laissait. Déjà en cette année 1974, la
vigne donna bien ses fruits, même si les activités culturales n'étaient pas
faciles à mener. Avec le système de multiplication qui était encore en vogue à l'époque
– le provignage – il n'était pas facile de savoir quelle plante produisait. De nombreuses
parties des rangs étaient constituées d'une sorte de long cep qui, précisément en vertu
du provignage, ne présentait aucune solution de continuité. Pour cette raison également,
on pratiquait la taille longue, et sur les nouveaux sarments qui apparaissaient il
n'était pas facile d'appliquer la pratique de l'éclaircissage, que j'avais vu pratiquer
en Bourgogne. Mais l'éclaircissage estival était une pratique que je voulais déjà à tout
prix mettre en œuvre, avant tout dans le but d'équilibrer la quantité de grappes de
raisin présentes sur la plante".
Entre-temps, Luciano et sa famille avaient déménagé du centre de Barolo
dans une maison située au n° 57 de la Via Alba. C'était une maison nettement plus grande
que la première. Et surtout, elle disposait au rez-de-chaussée d'espaces de travail et de
stockage qui pouvaient être utiles si Luciano avait voulu vinifier et donner vie à ses
rêves.
Et c'est ainsi que cela arriva : à l'automne 1974, Luciano commença à vinifier
dans ces espaces du rez-de-chaussée les raisins produits dans le vignoble qu'il
avait acheté. Ce qui existait alors était un véritable « vin de garage ».
La première vinification, en 1974, ne produisit qu'une quantité dérisoire : à peine
1 570 bouteilles, dont la commercialisation commencerait le
1er janvier 1978.
À ce stade, il fallait penser à conditionner ce vin, et Luciano essaya d'emblée de
réaliser un conditionnement qui exprimât les caractères qualitatifs de ce Barolo : comme
contenant, il choisit la traditionnelle bouteille Albeisa ; quant à l'étiquette, il en
imagina une qui rappelât dans son style la mise en page historique des étiquettes de
Barolo et aussi celles utilisées en Bourgogne pour leurs vins rouges. En ce qui concerne
le marché, dans cette première phase de vente, il reçut une grande aide de son frère
Bruno, qui avait de nombreux amis et collègues de travail. Grâce à ce mécanisme et au
bouche-à-oreille, année après année, il vendait tout le Barolo produit
et était content d'avoir adopté cette solution.
Pendant ce temps, au fur et à mesure que Luciano cultivait sa vigne et apportait les
améliorations nécessaires, la production augmentait en quantité.
C'est pourquoi il fallait trouver d'autres solutions commerciales,
plus organisées et professionnelles.
Au niveau du secteur, les choses continuaient à s'améliorer. Après quelques années de progrès, les principaux producteurs avaient pris conscience que, pour faire le grand saut qualitatif, le Barolo devrait passer de la Doc à la Docg. La dénomination d'origine contrôlée avait été une étape importante. Elle avait marqué une croissance significative dans le parcours du vin dans sa globalité. Mais maintenant, cela ne suffisait plus. Malgré le statut acquis, le Barolo continuait à subir l'affront des fraudes commerciales, que le contrôle documentaire de la Doc ne parvenait pas à éradiquer. Il fallait passer du contrôle documentaire au contrôle physique, et cela aurait pu être obtenu par la reconnaissance de la Denominazione di Origine Controllata e Garantita.
La Docg, en effet, allait prévoir l'application d'une banderole d'État
numérotée qui aurait éliminé les productions factices non justifiées par la
référence au vignoble d'origine.
Ainsi, après quelques années de confrontations et de projets, le
1er juillet 1980, le Barolo était reconnu vin à Docg, et l'application
de ce nouveau statut allait concerner comme premier millésime précisément le
millésime 1980.
Pendant ce temps, les années passaient. La décennie des années soixante s'acheva, la suivante commençait. Le monde du Barolo continuait son évolution positive.
Pendant ce temps, le regard de Luciano commençait à s'ouvrir au monde, tant au niveau organisationnel qu'à celui de la promotion et du marché.
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